Le syndrome de Diogène est un trouble du comportement identifié par des professionnels de santé. Nous ne posons aucun diagnostic : notre métier commence là où le logement n'est plus vivable, et il s'arrête devant la porte du soin. Ce que nous savons faire, c'est rendre un intérieur habitable sans brusquer celui ou celle qui y vit.
À Rennes, la majorité des demandes nous parviennent d'une fille, d'un fils, d'un voisin de palier ou d'un travailleur social qui a fini par pousser la porte. Presque jamais de la personne concernée elle-même. C'est cette réalité qui structure notre façon de travailler : nous prenons le temps d'un premier contact, souvent au téléphone, parfois en visite courte, avant même de parler de devis.
Ce que nous faisons entrer dans le logement avant le matériel
Un chantier réussi commence par une conversation. Nous demandons systématiquement à rencontrer la personne, même brièvement, même si elle reste sur le seuil de la pièce. Elle doit savoir qui entre chez elle, ce qui sera touché, et ce qui ne le sera pas.
Quand la personne refuse d'être présente, nous convenons avec la famille ou le mandataire d'une liste de catégories protégées : papiers d'identité, correspondance, photographies, monnaie, bijoux, médicaments, animaux. Tout ce qui relève de ces catégories est mis de côté dans des bacs identifiés, jamais évacué.
- Un référent unique, joignable, du premier appel à la remise des clés
- Aucune photo diffusée, aucune image du logement communiquée à un tiers
- Le droit, pour la personne, d'arrêter le chantier à tout moment
Le tri : trois bacs, une règle simple
Nous travaillons avec un code que les familles retiennent facilement. Un bac « on garde » que personne d'autre que la personne ou son représentant ne referme. Un bac « on regarde ensemble », pour tout ce qui suscite une hésitation. Un flux « on évacue », qui ne contient que ce qui a été validé.
Cette lenteur apparente fait gagner du temps. Un tri mené trop vite se solde presque toujours par un objet manquant, une dispute, et un chantier bloqué au milieu du couloir.
Remise en état sanitaire
Une fois le volume évacué, le logement passe en phase technique : dépoussiérage complet, nettoyage des sols et des sanitaires, dégraissage de la cuisine, traitement des points de contact, désinfection virucide et bactéricide des surfaces, puis traitement des odeurs par voie physique plutôt que par simple masquage parfumé.
Dans les immeubles anciens rennais, cette phase révèle souvent un second sujet : un mur qui a absorbé l'humidité, un plancher taché, une ventilation obstruée depuis des années. Nous le signalons par écrit, avec des photos remises uniquement au donneur d'ordre.
